Notre-Père : l’essentiel est de prier ensemble

La Conférence des évêques suisses CES a accepté de repousser à Pâques 2018 l’entrée en vigueur d’une modification dans la traduction française du Notre-Père, et non plus au début de l’Avent 2017 comme précédemment annoncé. Les autres Églises chrétiennes suisses d’expression française se déclarent soulagées : cela permettra à chacune d’entre elles de consulter ses instances décisionnelles dans l’espoir de se rallier à cette modification du texte de la prière universelle. Dans un esprit de communion œcuménique, les trois Églises nationales de Suisse pourraient ainsi introduire ensemble cette nouvelle version dans leur liturgie, car l’essentiel est de prier ensemble !

Aussi bien Xavier Paillard, président de la Conférence des Églises réformées de Suisse romande que Gottfried Locher, président du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse dont est membre l’Église évangélique méthodiste et l’évêque Harald Rein pour les catholiques chrétiens, tous concernés par la décision, se disent soulagés qu’un accord ait été trouvé avec la Conférence des évêques suisses. Cet accord laisse le temps à chaque Église de consulter ses propres instances décisionnelles. Et si toutes se rallient à la modification déjà adoptée par l’Église catholique romaine, celle-ci pourrait entrer en vigueur, probablement à Pâques 2018, mettant à profit le temps du Carême pour préparer la voie.

Pour les chrétiennes et les chrétiens de toutes confessions réunies, le Notre-Père est la prière que Jésus-Christ leur a transmise. Suivant en cela leurs confrères de France et d’autres pays francophones, la Conférence des évêques suisses avait décidé en mai dernier d’introduire en Suisse romande durant l’Avent 2017 une modification de la traduction du texte original grec. « Et ne nous soumet pas à la tentation » deviendra « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». De fait, cela aurait conduit à ce que les fidèles protestants, orthodoxes et catholiques-chrétiens ne prient plus le même texte que les catholiques romains lors de célébrations communes ou dans les familles mixtes. Or elles sont très nombreuses dans un pays comme la Suisse, où l’œcuménisme est très développé. Depuis 1966 et l’entrée en vigueur d’une traduction œcuménique de la Bible, les chrétiens d’expression française adressent la même prière au Père, une belle avancée œcuménique que la décision de la CES devrait permettre de préserver.