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l’assistance au suicide: 10 questions - 10 réponses
6 - En quoi consiste le défi moral de l’assistance au suicide?

Peu importe la terminologie: toute suppression de vie née est une forme d’homicide. Aucun autre acte n’est soumis à un jugement moral aussi sévère et critique que la privation de vie d’une personne. Le défi moral et éthique auquel est confronté l’aide au suicide apparaît au premier coup d’œil au code pénal : l’art 115 CP, qui ne prévoit aucune peine privative de liberté pour l’assistance au suicide, pour autant que cette assistance n’ait pas été motivée par un mobile égoïste, est situé entre les art. 111 à 114 CP consacrés aux différentes formes d’homicide (homicide, meurtre, assassinat, meurtre pas-sionnel) et les art. 116–117 CP (infanticide et homicide par négligence). Cette appréciation différenciée de l’homicide constitue aussi le reflet des traditions et des valeurs morales judéo-chrétiennes.
Ce consensus moral de longue date ne doit pas être mis en jeu à la légère, d’autant que nous devons notre vie et la sécurité actuelle dans notre pays à l’application de ce principe éthique et juridique. Car la protection de notre vie n’est garantie que si toute forme homicide n’est admise qu’à titre d’exception à la règle clairement définie (p. ex. dans le cas de l’armée ou de la police, pour assurer la protection, pour maintenir l’État de droit et l’ordre). Le droit de tuer une personne ne doit tolérer aucun flou juridique, et encore moins devenir la règle.
Parallèlement, l’engagement en faveur de la protection de la vie ne doit pas être insensible à des situations de vie où les préceptes moraux et juridiques atteignent leurs limites. Il existe bel et bien des situations d’exception où la vie devient difficile, voire impossible à supporter pour une personne. Dans un tel cas, ni la loi, ni la morale ne permettent n’offrent d’outils pour affronter le désarroi. Et pourtant, nous devons faire preuve de respect face à ces situations. Simultanément surgit la difficile question de savoir si de telles expériences doivent se répercuter sur nos convictions juridiques et morales fondamentales. Toute revendication qui va dans le sens d’un assouplissement de l’interdiction de l’homicide implique un examen minutieux et consciencieux des risques inhérents à un tel assouplissement. Dans ce contexte, une politique intéressée, axée sur les seules intentions personnelles, fait preuve d’irresponsabilité et de négligence.
...prochaine question: Qu’en est-il de l’autodétermination dans la vie et dans la mort?
Matériaux
Communiqués de la FEPS et liensÉtude de la FEPS sur l'assistance au suicide et l'assistance au décès
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